CTR du NPA

Collectif pour une Tendance Révolutionnaire du NPA

La lutte révolutionnaire de la jeunesse et des travailleurs arabes montre l’actualité du programme de la révolution permanente contre la prétendue « transition démocratique » visant à préserver les bases mêmes des régimes haïs

Posted by Collectif TR NPA sur 22 mars 2011

(Contribution de la position 4 pour le bulletin préparatoire au CPN du NPA des 26-27 mars)

Les luttes en cours dans les pays arabes ont remis la révolution à l’ordre du jour. Les jeunes, les travailleurs, de nombreuses femmes ont renversé des dictateurs et veulent en finir avec leurs régimes eux-mêmes. Mais ces exigences démocratiques, jetant dans les poubelles de l’histoire les préjugés racistes et islamophobes, sont indissociables des revendications sociales qui avaient nourri un nouveau cycle de luttes de classe depuis quelques années contre le chômage et la misère. Cela explique le rôle central non seulement des jeunes chômeurs, mais aussi des prolétaires qui ont un travail. Et cela implique qu’ils et elles ne pourront se satisfaire de quelques sparadraps.

Or les bourgeoisies arabes et les impérialistes qui ont soutenu les dictateurs tentent maintenant de sauver les fondements des régimes, les appareils d’État et la structure économique : leur prétendue « transition démocratique » ne vise qu’à concéder quelques mesurettes pour canaliser la colère des masses. D’où la polarisation inévitable de la lutte des classes.
Les révolutionnaires doivent se mettre à l’école de celles et ceux qui font concrètement la révolution. Mais la libre discussion sur les voies à suivre est internationaliste. Partisans du programme historique de la IVe Internationale, nous estimons que la poursuite du processus révolutionnaire posera et pose en fait déjà la question de la prise de contrôle des entreprises et de la conquête du pouvoir politique par les travailleurs, les jeunes et les paysans. En Tunisie notamment, ils font l’expérience de l’auto-défense, des AG et des grèves dans les entreprises, de l’auto-organisation, voire d’organes de contre-pouvoir ouvrier et populaire dans certains endroits comme à Redeyef. Les contradictions au sein de l’UGTT se développent : la bureaucratie, hier pilier du régime Ben Ali, tente aujourd’hui de canaliser la classe ouvrière et appelle à arrêter les grèves pour ne pas nuire aux investissements étrangers ; mais à la base, voire dans des sections et unions locales entières, des militants et des travailleurs avancés se réapproprient leur syndicat pour en faire un outil aiguisé de leur combat de classe. De façon générale, la politisation s’intensifie et souvent se radicalise.

Les élections à l’Assemblée constituante prévues le 24/07 doivent être l’occasion de présenter partout les candidats des comités d’auto-organisation. Le gouvernement provisoire et la bourgeoisie ne voient dans la Constituante à laquelle ils ont été obligés d’appeler sous la pression des masses qu’un moyen de repeindre les bases de l’ancien régime sous de nouvelles couleurs. Tout au contraire, c’est aux masses mobilisées de définir les tâches de la Constituante, de lui donner les pleins pouvoirs pour liquider de fond en comble l’ancien régime et prendre toute les mesures sociales et économiques qui lui sembleront nécessaires.

Si la bourgeoisie réussit à conserver le pouvoir, elle continuera de surexploiter les travailleurs pour son propre compte et pour les multinationales. La démocratisation sera limitée à quelques acquis pouvant être repris tôt ou tard par la réaction, les appareils de répression continueront de fonctionner, les conditions de vie ne seront pas fondamentalement changées.
Or ce sont les travailleurs qui sont la majorité, qui font tourner le pays, qui peuvent le paralyser par la grève et qui pourront demain prendre le pouvoir politique, en finir avec la tutelle coloniale française, nationaliser sans indemnités ni rachat sous leur propre contrôle les entreprises impérialistes et les grands groupes tunisiens, planifier le développement économique de façon démocratique…

Ce programme est incompatible avec celui du Front du 14 janvier qui, au-delà d’un ensemble de revendications justes, se prononce pour un « gouvernement d’unité nationale digne de la confiance de notre peuple » et participe au Conseil national de sauvegarde de la révolution qui collabore avec le gouvernement provisoire pour mettre en œuvre la prétendue « transition démocratique ». La seule façon pour les travailleurs et les jeunes de ne pas perdre la révolution qu’ils ont commencée, c’est de la continuer et de l’étendre aux autres pays, jusqu’aux États-Unis socialistes arabes et berbères. C’est le programme de la révolution permanente.

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